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Quel dosage de mortier de chaux choisir pour un mur en pierre intérieur ?

Artisan appliquant liant pale sur paroi inegale

Un mur en pierre ancien n’a pas besoin d’un mortier le plus dur possible, mais d’un mortier qui laisse circuler la vapeur d’eau et qui reste plus tendre que les pierres. C’est cette logique qui guide le dosage. Voici les proportions à retenir, puis les choix de chaux, de sable et de mise en œuvre qui vont avec.

Quel dosage de mortier de chaux pour un mur en pierre intérieur ?

Le point de départ le plus courant est de 1 part de chaux pour 3 parts de sable, mesurées en volume avec le même seau ou la même auge. On ajuste ensuite selon l’usage, la nature de la pierre naturelle et l’humidité du mur. En intérieur, où le mur est protégé de la pluie et du gel, on peut rester sur des dosages un peu moins chargés en liant que dehors.

Usage Chaux conseillée Dosage en volume Remarque
Rejointoiement courant NHL 2 ou NHL 3.5, ou chaux aérienne 1 chaux : 2,5 à 3 sable Pierre tendre à moyenne, mur sec
Montage ou reprise de maçonnerie NHL 3.5 1 : 3 à 1 : 4 Le mortier doit rester moins dur que la pierre
Mur sujet à l’humidité NHL 3.5 1 : 3 Prise hydraulique plus sûre qu’une chaux aérienne seule
Enduit, gobetis (1re couche) NHL 3.5 1 : 2 à 1 : 2,5 Couche d’accroche, plus riche en chaux
Enduit, corps puis finition NHL 2 ou chaux aérienne 1 : 3, finition 1 : 2,5 en sable plus fin Chaque couche moins dure que la précédente

Ces chiffres sont des repères, pas une loi. Un sable très fin ou très gras demandera un peu plus de liant, un sable bien étalé en grains demandera un peu moins. Faites toujours un petit essai sur une zone cachée du mur, laissez sécher quelques jours, puis jugez la dureté et le retrait.

Ciment dans le mortier : l’erreur qui abîme la pierre

Le mortier bâtard (chaux et ciment) est tentant parce qu’il durcit vite. Sur un mur ancien, il fait pourtant l’inverse de ce qu’on attend : il bloque la vapeur d’eau, l’humidité remonte dans la pierre et c’est elle qui s’effrite, pas le joint. Pour une maçonnerie ancienne, mieux vaut s’en passer.

Choisir le type de chaux adapté

Deux familles se partagent le marché. La chaux hydraulique naturelle (NHL) fait sa prise grâce à l’eau, ce qui la rend fiable même quand l’humidité du mur est présente. Elle se décline en NHL 2, NHL 3.5 et NHL 5, le chiffre indiquant la résistance en méga-pascals à 28 jours.

Pour un mur intérieur en pierre, la NHL 2 convient aux supports tendres et aux enduits, la NHL 3.5 est la valeur sûre pour les joints et le montage. La NHL 5 se réserve aux cas particuliers, par exemple une pierre très dure ou un mur très exposé à l’humidité, et seulement après un diagnostic.

La chaux aérienne (CL 90, en poudre ou en pâte) durcit lentement au contact du gaz carbonique de l’air. Elle est très souple et très respirante, ce qui en fait une bonne candidate pour les enduits de finition et les pierres tendres. Dans une pièce peu ventilée ou sur un mur humide, sa prise peut en revanche traîner, d’où l’intérêt de la mélanger à une NHL.

Sélectionner le sable approprié

Tas de sable riviere granules clairs et fins

Le sable compte autant que la chaux. Un bon sable de rivière lavé, siliceux ou calcaire, avec une granulométrie étalée (des grains fins aux grains moyens), donne un mortier compact et résistant avec peu de liant. Les sables trop uniformes ou trop fins appellent plus de chaux et fissurent davantage au séchage.

Pour des joints, on choisit en général un sable 0/4, parfois 0/3 si les joints sont étroits. Pour la couche de finition d’un enduit, un 0/2 donne un grain plus fin sous la taloche. Évitez le sable de mer non lavé, car les sels réagissent avec l’humidité et laissent des efflorescences. La couleur du sable influence aussi celle du joint : essayez-en deux ou trois avant de trancher.

Préparer le mortier : gâchage et consistance

Mesurez la chaux et le sable en volume, versez-les à sec dans le bac ou la bétonnière, puis mélangez avant d’ajouter l’eau. Le gâchage se fait par petites quantités d’eau, sans jamais noyer le mélange. Le malaxage dure au moins 5 à 10 minutes : la chaux a besoin de temps pour enrober chaque grain de sable.

La consistance dépend de l’emploi. Pour des joints, visez une texture de terre humide, qui se tasse en boule sans couler. Pour un enduit, le mortier doit être plus plastique, comme un yaourt épais, pour glisser sous la taloche sans s’affaisser. Laissez reposer le mélange 10 à 15 minutes, puis remalaxez : il devient plus onctueux et vous n’avez pas besoin de rajouter d’eau.

Application du mortier sur mur intérieur

Brosse humidifiee dans les joints creux degarnis

Commencez par dégarnir les anciens joints sur 2 à 3 cm de profondeur, brossez, puis dépoussiérez. Humidifiez ensuite le mur à la brosse ou au pulvérisateur, sans le détremper : une pierre sèche boirait l’eau du mortier et il se mettrait à poudrer. La surface doit être fraîche au toucher mais sans eau brillante.

Pour le rejointoiement, tassez le mortier en plusieurs passes avec un fer à joint, en remplissant bien le fond. Laissez le joint légèrement en retrait de la pierre, puis brossez ou éponge quand la surface a commencé à tirer, c’est-à-dire quand elle ne marque plus au doigt. Pour un enduit, appliquez le gobetis, laissez-le prendre, puis passez le corps d’enduit à la taloche et terminez par une finition plus fine.

La phase de prise demande un peu de soin même à l’intérieur. Évitez les courants d’air et les sources de chaleur directes, travaillez au-dessus de 5 °C et humidifiez légèrement la surface pendant 48 à 72 heures si l’air est sec. Un mortier de chaux qui sèche trop vite fissure et reste friable.

Pour résumer les bons réflexes

Un mortier de chaux réussi tient en quelques principes : une NHL 2 ou 3.5 selon le support, un dosage proche de 1 pour 3 en volume, un sable de rivière bien étalé, un malaxage soigné et un séchage lent. Respectez la logique d’un mur respirant et perméable à la vapeur d’eau, et vos joints dureront autant que la pierre qu’ils protègent. Si le mur présente des remontées d’humidité marquées, traitez d’abord la cause avant de refaire les joints.

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Article publié par la rédaction de Maison Pratique.

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