Vous envisagez de remplacer votre ballon d’eau chaude par un chauffe-eau thermodynamique et vous vous demandez si MaPrimeRénov’ peut encore financer ce projet. La réponse dépend désormais d’une date précise, celle du dépôt de votre dossier, et pas de celle de votre devis ou de vos travaux.
Jusqu’à présent, un chauffe-eau thermodynamique (CET) installé seul, dans le cadre du parcours par geste, pouvait ouvrir droit à MaPrimeRénov’ selon les revenus du foyer. Depuis le 1er septembre 2026, ce forfait a été supprimé pour toute demande déposée à partir de cette date, quel que soit le niveau de ressources. L’équipement reste toutefois finançable dans certains cas via la rénovation d’ampleur de MaPrimeRénov’, et surtout via les certificats d’économies d’énergie (CEE), l’éco-PTZ et la TVA réduite à 5,5 %.
1er septembre 2026 : la date qui a changé la donne
Le critère retenu est la date de dépôt du dossier, pas la date de signature du devis ni celle des travaux. Un dossier déposé avant cette échéance pouvait encore bénéficier de l’ancien barème par geste ; passé cette date, ce forfait n’existe plus pour un CET installé isolément.
Le chauffe-eau thermodynamique est-il encore éligible à MaPrimeRénov’ ?
En installation seule, le parcours par geste ne couvre plus le chauffe-eau thermodynamique depuis le 1er septembre 2026. Ce forfait, qui allait auparavant jusqu’à 1 200 euros pour les ménages très modestes, a été retiré de la liste des équipements aidés par ce canal, quels que soient les revenus du foyer.
L’équipement reste néanmoins éligible dans le cadre de la rénovation d’ampleur, lorsqu’il s’inscrit dans un projet global de travaux accompagné par un professionnel habilité. Dans ce cas, le CET n’est pas financé pour lui-même mais intégré dans le montant global de l’aide calculé sur l’ensemble du bouquet de travaux réalisé dans une résidence principale.
Montant de MaPrimeRénov’ pour un chauffe-eau thermodynamique : les barèmes qui s’appliquaient en 2025
Avant la suppression du forfait par geste, le montant de l’aide variait selon les revenus du foyer, classés en quatre catégories identifiées par une couleur : bleu, jaune, violet et rose. Ce barème bleu jaune violet rose reste une référence utile pour comprendre l’ancien fonctionnement du dispositif et évaluer l’écart avec les aides actuellement mobilisables.
| Catégorie de revenus | Montant applicable jusqu’au 31 août 2026 |
|---|---|
| Ménages très modestes (bleu) | 1 200 € |
| Ménages modestes (jaune) | 800 € |
| Ménages intermédiaires (violet) | 400 € |
| Ménages aux revenus supérieurs (rose) | Non éligible |
Pour un ménage jaune avec un devis de 2 500 euros pour un chauffe-eau thermodynamique de 200 litres, l’aide de 800 euros représentait auparavant près d’un tiers du coût total. Ce type de calcul reste utile aujourd’hui pour comparer ce que rapportait l’ancien dispositif face aux aides qui le remplacent.
Parcours par geste et rénovation d’ampleur : deux logiques différentes
Le parcours par geste finançait un équipement isolé, avec un forfait fixe indépendant du reste du logement. La rénovation d’ampleur fonctionne autrement : elle prend en compte un bouquet de travaux cohérent, pilotés par un accompagnateur agréé, et calcule le montant de l’aide en fonction du gain énergétique global obtenu. Un chauffe-eau thermodynamique installé dans ce cadre peut donc encore être partiellement financé, mais jamais en tant que geste unique.
Conditions d’éligibilité à remplir pour un chauffe-eau thermodynamique
Que ce soit via la rénovation d’ampleur ou via les aides alternatives, certaines conditions d’éligibilité restent incontournables. Le logement doit être une résidence principale, occupée au moins huit mois par an, et âgé de plus de 15 ans à la date de la demande. L’installation doit obligatoirement être réalisée par un artisan RGE (reconnu garant de l’environnement), condition sans laquelle aucune aide publique n’est accordée.
Le chauffe-eau thermodynamique à accumulation doit respecter des caractéristiques techniques minimales pour ouvrir droit aux aides, notamment un coefficient de performance conforme aux exigences en vigueur. Le foyer doit également ne pas avoir engagé les travaux avant l’acceptation officielle du dossier, une règle qui s’applique aussi bien aux anciennes demandes MaPrimeRénov’ qu’aux dossiers CEE actuels.
Comment demander une aide pour son chauffe-eau thermodynamique aujourd’hui ?
La première étape consiste à créer ou consulter son compte sur France Rénov’, qui centralise l’ensemble des démarches et permet de vérifier son éligibilité selon ses revenus et la nature du projet. Pour un projet de rénovation d’ampleur, il faut ensuite faire appel à un accompagnateur agréé, obligatoire pour ce type de dossier, qui aide à构建 le bouquet de travaux et à estimer le montant final.
Vient ensuite la demande de devis auprès d’un ou plusieurs artisans RGE. Ce devis doit être joint au dossier avant tout commencement des travaux, sous peine de perdre le bénéfice de l’aide. Une fois le dossier validé, les travaux peuvent démarrer, puis la facture définitive est transmise pour déclencher le versement.
Les aides qui remplacent MaPrimeRénov’ pour ce type d’équipement
Face à la suppression du forfait par geste, les certificats d’économies d’énergie deviennent le principal levier de financement du chauffe-eau thermodynamique. Une bonification exceptionnelle a été annoncée entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2027 : les primes CEE sont multipliées par 7 pour les ménages modestes et par 4 pour les autres foyers, ce qui peut compenser en grande partie la disparition de l’ancien barème.
L’éco-PTZ reste également mobilisable pour financer le reste à charge sans intérêts, tout comme la TVA réduite à 5,5 % applicable sur la fourniture et la pose de l’équipement dans un logement de plus de deux ans. Le cumul des aides entre CEE, éco-PTZ et TVA réduite permet souvent d’atteindre un niveau de financement proche de celui qu’offrait autrefois MaPrimeRénov’.
Prix et rentabilité d’un chauffe-eau thermodynamique
Un chauffe-eau thermodynamique coûte généralement entre 2 000 et 4 000 euros, pose comprise, selon le volume du ballon et la technologie retenue (sur air ambiant, air extrait ou air extérieur). Cet écart de prix s’explique par la complexité de l’installation et par le rendement de l’appareil, plus élevé sur les modèles utilisant l’air extérieur.
Malgré un investissement initial supérieur à celui d’un ballon électrique classique, les économies d’énergie réalisées sont significatives : la consommation électrique liée à la production d’eau chaude peut être réduite de 60 à 70 %. Pour un foyer de quatre personnes, cela représente souvent plusieurs centaines d’euros économisés chaque année, ce qui permet d’amortir l’équipement en six à dix ans selon le tarif de l’électricité et le niveau des aides obtenues.





